Une année sans écrire



Salutations et bonne année 2020 !
Déjà un an qu’il ne s’est rien passé sur ce blog. Une année entière sans écrire du tout… ou presque.


2018 était pourtant une année productive.


J’ai publié Le journal illégal de Bakir Meyo en juillet, j’ai réédité Les Sœurs du Miel en septembre, tout en travaillant sur la suite.
Et puis j’ai participé au dernier supplément de Chiaroscuro qui vient d’être publié récemment (un beau projet mené à son terme, c’est une bonne chose).

À la fin de 2018, j’avais déjà créé toute la structure de mon prochain roman et écrit les trois-quarts du premier jet.

Mais quand l’hiver arriva, je m’étais aussi lancé dans d’autres activités qui me tiennent à cœur, d’autres projets individuels ou collectifs liés à la terre. Comme je partageais certaines de ces activités avec d’autres personnes, j’y ai consacré de plus en plus de temps et d’énergie.

Cela fait des années que je navigue entre des passions très différentes, voire opposées, dans l’état d’esprit qu’elles demandent. J’ai souvent du mal à passer des travaux manuels à la création artistique dans la même journée.
Alors j’avais plutôt tendance à pratiquer plus intensément l’une ou l’autre de ces passions en alternance, en fonction des saisons.


tomates du jardin

2019 : une année plutôt physique


Cette année 2019, je dois reconnaître que mes activités agricoles ont pris beaucoup de place, toutes saisons confondues.

J’ai mis en place des pratiques de permaculture dans mon jardin potager, participé à la reconstruction d’un énorme mur de pierres avec mes voisins jardiniers… et aussi à une récolte d’olives qui nous a permis de produire notre huile.
Au printemps 2019, les mêmes personnes allaient partager une partie des jardins mise en commun. Et la plupart des cultures ont duré jusqu’à fin novembre.

Depuis septembre, j’ai aussi retrouvé un emploi à mi-temps, ce qui n’est pas toujours évident dans la petite vallée de montagne où j’habite. Il s’avère que ce boulot est assez physique également… Au moins, je ne dépends de personne pour payer mes dépenses.


Et les aléas de la vie…


Depuis le mois juin, l’état de santé de mon père s’est dégradé brutalement. Il a été admis aux urgences puis dans deux autres hôpitaux pendant l’été, pour être finalement placé dans un EHPAD dans un état de santé préoccupant.
Cela fait longtemps que nous n’avons pas une bonne relation mais ce qu’il traverse me remue.

Voilà, juste pour vous dire qu’il arrive aussi que notre temps et notre énergie soient absorbés par des évènements importants qui font partie de notre chemin.

il reste toujours une lumière




L’inspiration dans tout ça ?


J’écrivais en 2016 dans un article sur ce blog qu’il faut aller la chercher, l’inspiration. Que même si on avance d’un petit pas à la fois, avec de la volonté on nourrit notre créativité et on parvient au bout de nos projets.
Je le pense toujours. Au fond c’est vrai, je dois reconnaître que l’envie de me plonger corps et âme dans l’écriture m’a un peu quitté pendant cette année 2019.

Rester des mois devant son ordinateur à écrire, ce n’est pas très bon pour le corps, à vrai dire. Pour mon équilibre personnel j’ai aussi besoin de m’activer dans la nature. D’alterner entre mes différents centres d’intérêt.

C’est difficile à accepter mais parfois, il faut laisser le temps recharger nos réserves d’énergie créative. Quand on a donné tout ce qu’on pouvait dans une ou plusieurs créations, c’est ce qui arrive au bout d’un moment. Plus longtemps on a donné sans interruption, plus on peut avoir besoin de « repos ».
L’esprit a quand même tendance à continuer de travailler sur ce qui nous tient à cœur, même inconsciemment.

Pendant toute cette année écoulée je me suis nourri de nouvelles informations, j’ai observé, analysé, appris plein de choses.
J’ai pris des notes, remis en question certains passages du roman en cours, ajouté d’autres idées. L’histoire s’enrichit progressivement.


Une nouvelle année commence…


Et j’espère que cette année verra la parution du deuxième tome des aventures de Naëlis, Elorine et d’autres personnages dont certains attendent de vous rencontrer depuis un moment.

C’est encore difficile de promettre un délai pour moi, mais j’ai très envie d’écrire à nouveau. Je m’y suis déjà remis récemment, quelques heures par-ci par-là.
Tout ce tome 2 est bouclé dans ma tête et mes notes, il reste « seulement » à lui donner vie.

Finir un premier jet d’abord. Puis tout reprendre, tout corriger, encore et encore, comme il se doit dans les règles de l’art.
Demander l’avis de regards extérieurs, si je trouve encore des personnes disposées à m’apporter une petite aide.

Je ne vous cache pas qu’il me reste beaucoup de travail pour arriver à mon objectif sur ce roman.


Idéalement, j’aurais souhaité ne pas trop faire attendre les lecteurs et lectrices qui ont aimé Les Sœurs du Miel et souhaitent lire la suite.
Je voudrais bien publier un livre par an, mais c’est compliqué parfois de tenir un tel rythme de travail sur son temps libre. En tout cas, tous les ans… peut-être quand je serai grand.

Maintenant, je me sens prêt à me replonger dans mon univers imaginaire toujours en création, malgré ce qui se passe dans la vie de tous les jours.
Je préfère prendre le temps d’écrire une histoire qui sera, je l’espère, à la hauteur du premier tome. Voire mieux si j’y arrive.
Sans me précipiter pour soutenir un rythme normalisé dans le milieu littéraire, qui peut pousser à privilégier la quantité au détriment de la qualité.

Je pense que pour atteindre un objectif qui nous permet d’être fier de notre travail pendant longtemps, on a besoin de créer avec notre cœur autant qu’avec notre tête et nos tripes. Donner le meilleur de soi, ça prend forcément du temps et encore davantage pendant certaines périodes plus difficiles.
Mes textes sont loin de me rapporter de quoi en vivre, mais je n’ai rien perdu de cette passion.

Je voulais surtout vous dire que même si cela me prend plus de temps que je le souhaiterais, je ne lâche pas l’affaire et j’irai au bout de cette trilogie.

Il y a toujours quelques petites histoires qui pourraient aussi surgir sur ce blog, de temps en temps. Des pistes restent à explorer, j’ai pas mal d’idées encore en gestation pour cet univers…

À bientôt, en souhaitant que vos projets comme les miens se réalisent.
Prenez soin de vous.





5 Responses to Une année sans écrire

  1. Très heureuse d’avoir de tes nouvelles sur ce blog Sandro. Et oui, un écrivain doit aussi faire face aux aléas de la vie – y compris le fait de devoir assumer une activité alimentaire qui ralentit d’autant notre travail d’écriture. Mais comme tu le dis, il est important d’équilibrer activités manuelle et intellectuelle, vie personnelle et vie professionnelle, même si nous mettons davantage de temps à venir au bout de nos objectifs littéraires.
    Tu as toujours une écriture fluide et agréable, même lorsqu’il s’agit de nous informer de là où tu en es. Merci pour cet article de début d’année. Tous mes voeux pour que tu puisses en 2020 réaliser tes rêves les plus fous. Et bravo pour la permaculture et tes activités diverses.

  2. Super d’avoir de tes nouvelles, Sandro ! Merci pour ce partage sincère et authentique.
    Je te comprends, tu sais. Je trouve que c’est difficile de concilier vie perso et écriture. Pour ma part, je désespère parfois d’y arriver. J’ai toujours mon roman Jérusalem écrit aux 3/4 (et remanié plusieurs fois depuis 4 ans) et mon thriller également.
    Je me sens frustrée, mais comment faire autrement quand on doit gagner notre vie, que ce soit en tant que salarié ou comme moi comme indépendant ? A moins d’être retraité ou rentier, c’est très difficile car il faut du temps et la bonne énergie pour se mettre à écrire, se replonger dedans, s’auto-discipliner.
    Et puis comme tu dis, l’activité physique aussi est importante.
    En tout cas, tu sembles clairement savoir où tu en es et ce que tu veux 🙂
    Tes écrits seront chaleureusement accueillis, sois-en sûr !
    Bonne année 2020

  3. Merci Marjorie.
    Oui il y a tellement de choses intéressantes à faire, pas évident de tout concilier dans une seule vie parfois.

    On ne bloque pas aux 3/4 d’un roman par hasard, je pense. J’ai réalisé aussi qu’il manquait quelque chose à la fin de mon histoire, pour qu’elle me convienne vraiment. Il m’a fallu un peu de temps pour m’en rendre compte, et reprendre un peu toute la structure pour que tout se complète. Maintenant que j’ai trouvé une conclusion meilleure je pense, ça me semble évident comme si je l’avais sous le nez depuis le début. Mais ce n’est pas toujours facile à voir tant qu’on reste sur le dernier chapitre qui nous fait bloquer.

    À mon avis quand on a du mal à écrire la fin, il faut revoir la structure de l’histoire pour s’assurer de lui donner une conclusion reliée avec l’ensemble. Comme un tout organique, le début ouvre des portes qui sont développées, puis refermées pour la plupart. Bien s’assurer de relier tous les points forts entre eux, que les personnages importants ont tous évolué d’une manière ou d’une autre. En espérant que ça puisse t’aider comme pistes…

    Bonne année à toi aussi 🙂

  4. Le fait que ça me prenne plus de temps que prévu est souvent bénéfique : c’est là que j’ai d’autres idées, que je complète des personnages, ou change des scènes, etc. Bref, je suis incapable d’écrire un roman, même court, en 3 mois. Parce que j’ai besoin de décanter les idées.
    Par contre, le fait que je sois bloquée aux 3/4 ne signifie rien pour moi, c’est juste que je traîne (et plus le temps écoulé est long plus ce sera difficile de me remettre dedans). Je n’ai pas de structure pour Jérusalem, juste les grandes lignes.
    J’ai une écriture très anarchique et je manque d’auto-discipline, en plus du temps passé à commencer à gagner ma vie en tant que freelance.